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mardi 12 avril 2011

Combes&Renaud @ "body no / body"

Combes&Renaud
Marie Combes & Patrick Renaud, France
video: “Eric”, 2008, (90 photograms), (06.05min.)

photogram courtesy the artists
Si “le cinéma organise la succession des images selon un scénario accréditant la forme d’un récit” (1) la vidéo semble en être orpheline, du moins existe sans solliciter le récit (2) Son déroulement s’effectue autrement, sans références littéraires ou romanesques. L’intention se trouve ailleurs en deçà d’un scénario. Elle peut se contenter d’être un mode opératoire sans préméditation, une vidéo surveillance sans cadre, juste un champ optique développé en plan fixe ou surmenage visuel. Elle peut tourner indéfiniment, en boucle, existant plus dans son dénuement que par un travail de lumière, de montage et de qualités cinématographiques. Un film sur pellicule est physiquement toujours fini, il est dans un autre temps, au contraire du support numérique qui habite le présent, jamais achevé, toujours à refaire, à modifier, qui sollicite l’intervention et s’épuise en renaissant sans cesse. Ce commencement répété neutralise le mouvement, percute le temps, anéanti le début et la fin d’une narration possible. 

“Eric” est dans une représentation liquide, une voix noyée, en attente de (re)naissance. il semble éloigné de sa peau, sans adhésion à un quelconque écran et flotte dans une vague anatomie. En l’excluant la communauté se vide de l’image d’Eric, il reprend ce qu’il n’a plus mais ne laissera pas un simulacre sécurisé de nos choix politiques.

P.R.

1.“Du monde et du mouvement des images” Jean Louis Schefer.

2. Excepté bien sur les débuts du cinéma avec “Arrivée d’un train en gare le Ciotat” ou “la sortie des usines Lumières à Lyon”

“Eric” est à l’origine un reportage vidéo : 
“Le soleil se lève aussi” réalisé et diffusé 
par mynicetv dont nous avons utilisés des extraits audio, et que nous remercions.

"Eric" Vidéo couleur 6,05 mn ©combesrenaud2008”






/ “Eric” is a liquid representation, a drowning voice, waiting for its (re)birth He seems far from his skin, with no attachment to any screen, and floats in a vague anatomy. By excluding him, the community cleans itself of the image of Eric, he takes back what he no longer has, but will leave no reassuring ghost image of our political options. We wanted to show how any story of the homeless can never provide anything but what our prejudice expects, how the words and images of the media keep us safely away from reality.



photogram courtesy the artists

“Marie Combes & Patrick Renaud Photo and Video Creators Living and working in Paris, France We have been doing work together since 1997, and have developed joint experience and practice. Our work roves through the crossroads and over the borders of photography and video. We have been involved in joint research on diptychs, which each of us has developed in a series of photos, « Intérieurs » (Interiors) and « Sols » (Grounds). These were undertaken respectively in 1988 and 1990, working around the physical separation of the images on the negative film. Our diptychs introduce action and time, prefiguring our videos. The work on diptychs involves more than duality, a movement between dual images and a transient emptiness. Two images are the beginning of a sequence, a fraction of 24 images per second. Two photos also symbolise the leap from one work to the next. The sequence of photos is used as a substitute for a video recording, and brings another perception of time.”

source the artists

photogram courtesy the artists


website / blog / vimeo

co-curated with Chloé Dragna @ La Vidéothèque


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texte pour "body no /  body", extrait



"..."Eric" de Combes&Renaud articule une autre dimension et nous présente Eric dans le noir, homme social mais surnuméraire, puis 90 photogrammes se succèdent lui construisant une silhouette, un visage de plus en plus proche et déconstruit au fil des images teintées d'épiderme. Le sentiment d'humanisme, même si teinté de désenchantement, qui se dégage de cette figure fait écho aux questions d'empathie posées plus haut, cette pièce traite de la question du corps et de sa présence en réactivant le visage comme construit, donc conditionnel, par le regard d'autrui. ..."

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