Anne-Sophie Emard
née en / b.: 1973, France
video: ‘Temps mort 2”, (02.15min.)
video: ‘Temps mort 2”, (02.15min.)
de la série “Temps morts” (a), 2010 - vidéos sur écran numérique 15’’
"Démarche
« Ce que me semble chercher, avec une obstination légère, une certitude douce, Anne-Sophie Emard, c’est à mettre à jour le fonctionnement de la pensée et, ce faisant, la compréhension du monde. Dans les propositions d’Anne-Sophie Emard, et elle le dit elle-même, « on regarde autre chose que ce que l’on voit », et si l’artiste met souvent en rapport deux images, ce n’est pas pour que l’on « voit » ces deux images, mais pour que l’on en voit une autre, pas une troisième, une autre, une image-construction, une image-pensée.
... Le voyage « en soi » est un voyage qui dure tout le temps que la vie dure. Ce voyage, bien sûr, se nourrit par tout ce que chacun de nous rencontre « hors de soi ». Il s’en nourrit et s’en trouve compliqué. Il nous faut faire la part de ce qui est signe et de ce qui est sens, de ce qui nous éloigne de « l’en soi » et de qui nous permet de nous en rapprocher. Ce sont ces signes, c’est cette recherche du sens que l’œuvre d’Anne-Sophie Emard me semble travailler, et c’est pourquoi ce travail nous est précieux. »"
Arnaud Laporte, producteur à France Culture, Une douce certitude Extrait du catalogue d’Anne-Sophie Emard, le sourire des glaciers (Un, Deux... Quatre, Editions, 2006)
screen grab courtesy the artist & galerie Odile Ouizeman
“Mon travail s’alimente des observations que j’effectue lors de mes investigations, qu’elles se réalisent dans le monde réel, celui de la littérature ou du cinéma. Je me positionne toujours en observatrice, dans mes environnements familiers ou dans les territoires qui me sont étrangers. Sur place je prends des notes et réalise méthodiquement des prises de vues photographiques et filmiques que je stocke sur un disque dur. Ce dernier devient une bibliothèque de matière première dans laquelle je puise régulièrement afin de restituer ces fragments de réalité dans des installations photographiques et/ou vidéographiques dont le vocabulaire cinéma- tographique ne relève pas du documentaire évènementiel mais de la fiction poétique. J’organise des pérégrinations dont la destination et la durée se définissent, en fonction des moyens qui me sont alloués bien-sûr, mais surtout en fonction du vecteur littéraire qui détermine ce choix de destination. En effet, à une invitation, un concours de circonstances ou une volonté précise de me rendre quelque part, je réponds toujours par le choix d’un livre qui va accompagner ma démarche. Les recherches, le travail d’observation et la récolte d’images que je vais mener sur ce site s’alimentent alors de la relecture de cet ouvrage qui a marqué mon parcours de lectrice. Je cherche ainsi à tisser des liens entre la forme littéraire et plasticienne mais également à mettre en place une cartographie du monde qui ne réponde pas à des critères géographiques.
Je suis en quête de lieux de mémoire dans lesquels je peux m’installer un moment pour enquêter sur son passé et m’en imprégner. Ma méthode repose sur la mise en place d’un périmètre d’investigation dans lequel je me documente et j’organise des rencontres avec les acteurs du passé afin de tisser une toile délicate d’une histoire avec l’Histoire. Il ne s’agit pas pour moi d’illustrer fidèlement des faits mais de recueillir des traces afin de proposer une œuvre polymorphe qui soit le reflet d’un fonctionnement de la mémoire à l’échelle de l’individu : incertaine, abstraite, restructurée, sous influence. Mes images sont le reflet et surtout la pro- jection de cette incertitude de par leur artifice, leur manque de repère d’échelle ou d’indication géographique. Changements d’échelle, de cadrage, de points de vue, défocalisation, mon vocabulaire formel de photographe, de réalisatrice et bien entendu d’artiste plasticienne qui combine ces pratiques de l‘image dans ses dispositifs, me semble adapté pour réajuster le regard intime que nous devrions porter sur les champs de notre mémoire collective et ainsi mettre en lumière des liens qui existent mais ne se voient pas.”
Anne-Sophie Emard
website / cv / @ galerie Odile Ouizeman / @ generic
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"... Anne-Sophie Emard, avec "Temps mort 2", évoque une scène scindée en deux partie d'écrans, vues hivernales troublées par un chant d'oiseau répétitif, indifférent à cette neige qui tombe, matifiant les reliefs et nimbant les scènes d'une teinte aux propriétés mémorielles, faisant émaner des sensations enfouies mais aussi des contes et légendes, des récits de retour au foyer, de fuites et d'exils. Une silhouette humaine traverse l'écran régulièrement, pressée par les éléments et c'est de la nôtre qu'il s'agit aussi, notre quête intranquille de sens dans les histoires et l'histoire. ..."
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