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mardi 12 avril 2011

Sophie Jodoin @ "body no / body"

Sophie Jodoin
vit & travaille à  / lives & works in Montreal, Quebec
dessin / drawing: "Hood 6", 2009, série "Hood"

gesso noir et conté sur mylar, 52 x 36cm / "Hood" series, black gesso and conté on mylar
image courtesy the artist



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texte pour "body no /  body", extrait


"...Un dessin de la série "Hood" de Sophie Jodoin tend cette narration vers une vision paradoxale, à la fois directe et oblique, qui semble être une tête enserrée dans une étoffe, qui tendue du sommet du crâne jusqu'à la base de la mâchoire, épouse les reliefs d'un visage en nous le dérobant, puis s'évase en un drapé vers les épaules d'un buste suggéré. Figure cachée et montré simultanément, un écart entre le fluide et le figé, pour une surface traitée d'ombre et de matérialité qui appelle une multitudes d'images d'actualités et d'immémoriales contraintes, physiques ou métaphysiques, que nous activons et subissons de l'intérieur et de l'extérieur. Ici encore il s'agit de "pesanteur et de grâce". ..."








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"Fists and Hands" 2008-2010, "War Series"
découpages de magasines sur mylar / cut outs from magazines on mylar
courtesy the artist & galerie Bertrand Grimont

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Patrick Bernatchez @ "body no / body"

né en / b. 1973, Québec
dessins / drawings x 4: "Etudes pour Crysalides", 2009, 
mines de plomb sur papier, 25 x 20cm / graphite on paper


courtesy the artist & galerie Bertrand Grimont


courtesy the artist & galerie Bertrand Grimont


courtesy the artist & galerie Bertrand Grimont





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video: “Chrysalide”, 2008, (11.51min.)
Pellicule 35mm transférée sur support numérique
35 mm reel converted to digital media

courtesy the artist & galerie Bertrand Grimont

“Les œuvres de Patrick Bernatchez, par leur forme hybride, suscitent le trouble. Particulièrement attaché à la notion de cycle, l'artiste décline un concept – ici la métamorphose – en autant de séries que de médiums différents. 

La série de dessins « Les apparitions » donne à voir des scènes où les figures humaines se fondent dans le végétal, envahies par une nature qui n'a plus rien de bucolique. Au-delà de l'esprit fantasmagorique et des évocations monstrueuses, l'ensemble des pièces rend compte d'une tension entre les corps et les êtres, d'une violence dont on ne sait si elle est le présage d'un monde à venir ou la résurgence de cauchemars inavoués. 

Les trois vidéos de la trilogie « Chrysalides » sont à la fois indépendantes et faisant partie d'un tout. Chacune d'elles s'articule autour d'un mouvement de caméra : ascendant pour la première (« I feel cold today » 2007), circulaire pour la seconde (« Chrysalide » 2008) et enfin descendant pour la dernière (« 13 » 2009). Soutenus par une musique bien présente, ces scènes énigmatiques sont dans l'attente d'un évènement qui tarde à arriver. L'intrusion hostile d'éléments tels que l'eau ou la neige, associée à une lumière très travaillée et des couleurs blafardes, accentue le sentiment de malaise, voire d'oppression. Hors de toute narration, Patrick Bernatchez crée une atmosphère de fin du monde qu'il est difficile d'oublier. 

Les récents travaux de Patrick Bernatchez sont centrés autour de l'exploration temporelle. À ce titre, l'oeuvre BW (BlackWatch), bracelet montre d'une révolution de mille ans, est la pièce maitresse du projet « Lost in time » qui comportera plusieurs volets à terme.”


/ “Patrick Bernatchez’s works, by their hybrid form, cause confusion. Specially interested by the notion of cycle, the artist’s develops a concept - here the metamorphosis - through as different series as different mediums.
The series of drawing “Les apparitions” show scenes where human figures melt into the vegetal, invaded by a nature that is no more bucolic. Beyond the phantasmagoric aspect and the mousntruous evocations, those works render a tension between the bodies and the beings, a violence about which we are left pondering if it announce a world to come or the infiltration of unconfessed nightmares.
The “Chrysalides” trilogy series in three videos are simultnaneously independent and part of a whole. Each one is based around a camera movement: ascending for the first (‘I Feel Cold Today’, 2007), circular for the second one (‘Chrysalide’, 2008) and finally descending for the last (‘13’, 2009). Supported by a ever present music, these enigmatic scenes are waiting for an event that seems to be always defered. The hostile intrusion of the elements, such as water or snow linked with a highly worked light and pallid colours enhance the feeling of unsease, opression even. Avoidind any narrative, Patrick Bernatchez creates an end of the world atmosphere that is difficult to forget.

Patrick Bernatchez recent works are centred around the notion of temporal exploration. The ‘BW’ (BlackWatch) work, is a wrist watch that has a 1000 years cycle, this is the central piece of the ‘Lost in Time’ project that will include several chapters in its development.”

transl. Samy da Silva


courtesy the artist & galerie Bertrand Grimont

Jean-Luc Verna @ "body no / body"







né en / b.: 1966, France
dessins / drawings x 3

"Death Wish", 2005
transfert sur papier ancien rehaussé de crayons et de fards, cadre 18,5 x 13,3 cm 30,9 x 25,7 cm
1/1 N° Archive JLV 0506
courtesy the artist & Galerie Air de Paris

"(We are a) Happy Family", 2003
transfert sur papier ancien rehaussé de crayons et de fards, cadre chêne et verre 33 x 31 cm 41 x 39 cm
1/1 N° Archive JLV 0302
courtesy the artist & Galerie Air de Paris

"Autoportrait à la grosse tête", 2006
transfert sur papier ancien rehaussé de crayons et de fards, cadre chêne et verre 24,2 X 16 cm 32,5 x 24 cm
1/1 N° Archive JLV 0608
courtesy the artist & Galerie Air de Paris


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"... Là où Jean-Luc Verna prolonge l'idée de présence sensible, exposée jusqu'à l'érosion dans le monde tel qu'il est, sculptant autant son propre corps qu'il en est son premier résistant, avec "Death Wish" c'est toute la fragilité d'un ex-voto aussi dérisoire que sacré, un oiseau mort repose sur une trace du monde symbolique, une série de signes typographiés avec une mention à "Die Blauen Bucher", qui résonne comme un "Livre des Morts". 

.../... Au coeur de cette constellation "(We are a) Happy Family" de J.-L. Verna agrège une part de cette hybridation en une déesse païenne, femme manifeste, agrippée par des petits qui semblent issus de sa propre chevelure, ici comme dans "Vol" de J. Douzenel, la dévoration et l'amour semblent inséparables dans ce conte cruel.

.../... Enfin "Autoportrait à la grosse tête" de J.-L. Verna, agit comme un rappel, une attribution, ces images proviennent d'êtres incarnés, vivants, en lutte contre l'entropie et cherchant "le soleil rare", un moment de grâce avant la dissolution dans la matière démiurgique, juste retour du phénomène vivant sur ses conditions, dans ce cas chaussé de ballerines et dansant sous le ciel indifférent, dans la constellation…

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