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l'exposition vue par / the exhibition seen by

"body no / body

La constellation des propositions est vaste. Contrastées et distantes, elles forment cependant une seule et même entité une fois reliées entre elles par un fil ténu et lumineux.

Le corps tangible fait de muscles et de chair s’incarne dans un dialogue entre une foule de bras tatoués et la peau d’un seul torse. Capté en plan fixe, l’homme est dans l’attente neutre où l’esprit se perd en phrases évasives. La nudité y est banale et marque le repos social. A contrario, la profusion des corps ornés se fait dans un travelling interminable et dans le silence exigé devant un tel étal. La peau dessinée participe ici d’un rituel d’exhibition que les codes sociaux d’ordinaire étouffent.

Plusieurs couples se font écho du duel permanent entre pulsions de vie et de mort. Oiseau en proie au cadavre d’un congénère, mère dévorée par ses enfants ou couple de gisants, la lutte contre l’obscurité est perdue d’avance. La nuit tombe et il ne s’en extrait que quelques rais de lumière noire.
Corps statufié, le cerf morcelé est brandit en majesté. L’enveloppe charnelle est là, dissimulée derrière une seconde peau tracée au cordeau. L’écran occulte et sublime la forme dans le même mouvement. Le corps absent est là, sous un drapé, enserré dans une cagoule, derrière une toile tendue. Soustraits aux regards, les cris des opprimés n’en sont que plus stridents.

La disparition est un processus en cours. L’eau qui ne cache rien mais détruit tout entre en action. Elle réduit au silence l’homme qui se noie et ne se répand qu’une fois son forfait achevé. Le flux se fait circulaire : la caméra tourne autour de la crue comme tourne la machinerie infernale qui entraine violemment cet autre corps dénudé.

La fin est proche, l’effacement irrémédiable. Seule une silhouette émerge de la blancheur neigeuse et s’avance, pas à pas, vers un ailleurs qui toujours lui échappe."


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"Dans les galeries, juillet est un moment traditionnellement dévolu aux expositions de groupe, parfois appelées "expositions d'été" ou "summer shows" en version anglaise. Elles ne bénéficient pas d'une bonne réputation, et il est vrai qu'elles peuvent être un peu "fourre-tout". Elles sont surtout liées au calme de juillet après les grands messes que sont Art Basel et la Biennale de Venise. Il ne faut pourtant pas juger trop vite et aller voir d'un peu plus près.
Nombreuses sont les galeries qui ont ouvert ou ouvrent actuellement une exposition de groupe effectivement mais beaucoup témoignent d'une vrai réflexion, voire d'une prise de risque, autour d'une thématique ou d'une invitation faite à un commissaire.
Je vous en propose cette semaine un exemple ainsi qu'un petit tour d'horizon des autres expositions thématiques en cours.

La galerie Bertrand Grimont présente jusqu'au 30 juillet, en collaboration avec Samy da Silva, co-commissaire de l'exposition, et Chloé Dragna pour la sélection vidéo, BODY NO/BODY, petit essai sur le thème bien connu du corps. Loin d'être pompeuse ou dans la redite, la sélection explore quelques territoires et mythes liés à certaines représentations du corps mises en avant par quelques artistes. L'équilibre entre des oeuvres très visuelles, s'exprimant sur des supports plus traditionnels, présentées au rez-de-chaussée, et les oeuvres vidéos au sous-sol, est assez intéressant. …"



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"L’exposition estivale de la galerie Bertrand Grimont est l’occasion de regrouper douze artistes  autour de leurs rapports à la représentation du corps. Body no / body n’est pas pour autant construite comme une récitation anatomique, au contraire les travaux présentés s’écartent souvent du rapport frontal avec la chair pour aborder le corps de l’intérieur.

Le premier espace de la galerie s’ouvre par une vidéo de Jennifer Douzenel, Vol,  qui montre deux passereaux, l’un vif et sautillant, l’autre livide, probablement mort. Les deux oiseaux semblent batailler, cela relève presque d’un jeu d’enfant. Pourtant seul l’un d’entre-eux est actif, le corps de l’autre ne s’anime que sous les coups de bec et les ruades de son compagnon.

Face à eux sont disposées quatre peintures de cadavres. La vie à deux est une série de Benjamin Renoux où il reprend à son compte la filiation multiséculaire de la mise au tombeau du Christ. Les hommes allongés sont représentés vus par les pieds recréant le fameux raccourci de Mantegna. Mais ici les tableaux sont accrochés sur le mur légèrement trop haut, juste assez pour que le visiteur ait le sentiment d’ouvrir les tiroirs d’une morgue.

Le sous sol de la galerie est plongé dans une semi obscurité. On y voit tout d’abord la tête naturalisée de cerf de Julien Salaud : Constellation du cerf, (harpe). Celle-ci est enfoncée de clous reliés entre eux par un réseau de fils blancs qu’une lumière UV rend fluorescents. Le système tient autant des fétiches africains que de soirées en boite de nuit.

On accède en suite à la salle de projection de l’exposition. Plusieurs vidéos se suivent et enchaînent les humeurs formant un ressac captivant. S’y trouve L-INK de Lydie Jean-dit-Pannel, l’œuvre consiste en un travelling au-dessus de poings et des avants bras tendus en quinconce. Les membres alignés défilent comme pour une parade, tous tatoués et soigneusement rangés en une collection de symboles sans visage.

La vidéo Chrysalide de Patrick Bernatchez se situe au milieu d’un parking souterrain tout ce qu’il y a de plus anodin. Dans sa voiture, un homme ouvre son paquet de cigarette et en allume une. Pendant ce temps l’habitacle de sa voiture commence à se remplir d’eau. Progressivement, presque lentement, l’eau monte le long des jambes de l’homme assis qui fini sa cigarette. À mesure que le niveau augmente les restes de la vie de cet homme se mettent à flotter autour de lui, ils surnagent et dansent au milieu du flux créant une vie aquatique poétique. On voit le visage de cet homme se crisper, son corps se tendre, la vidéo paraît durer une éternité ; sans que l’on s’en soit rendu compte le notre en a fait autant. En remontant les marches menant à la lumière extérieure ce sont nos muscles qu’il nous faut dénouer. Le corps dont il est question ici est autant le notre que celui de cet anonyme."

Benoit Blanchard @ / oeuvres / 08.07.2011


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"« body no / body » est la proposition artistique faite jusqu’au 30 juillet 2011, par la galerie Bertrand Grimont et Samy da Silva.

Imaginez un espace, un lieu de rencontre où la temporalité corporelle est le mot d’ordre de chaque œuvre présentée qu’elle soit statique ou animée. 

A l’entrée de la galerie, se joue un face à face avec les toiles de Benjamin Renoux, La vie à deux, où ce corps à peine visible, allongé d’apparence inerte vous livre une incroyable sensation entre immobilité et vibration. Accrochée et suspendue au regard, c’est dans la pénombre de la toile, quasi à tâtons que l’œuvre se dévoile dans son intimité, se donne à voir et ressentir sous l’œil caché de la gardienne de Tarik Essalhi sculpture de plâtre posée au sol, d’une blancheur immaculée.

Les dessins de Jean-Luc Verna, Sophie Jodoin et Patrick Bernatchez viennent quant à eux vous percuter de manière plus frontale et tranchée où chacun des artistes proposent un univers sous tension entre réalité et imaginaire, vie et mort.

Julien Salaud avec Constellation du cerf (harpe), réveille notre perception avec un jeu de forme et de lumière où l’œuvre se dévoile peu à peu pour répondre à l’interrogation, que regardons-nous ?

Le temps de laisser à l’œil de s’habituer  à l’obscurité, Julien Salaud interpelle notre acuité pour découvrir puis voir cette constellation dans son ensemble.

Pour ce qui est des vidéos il serait bien mal venue de ma part de porter un quelconque avis car je n’ai pu toutes les voir le soir du vernissage.

Cependant  comme je vous le disais précédemment la représentation du corps y est omniprésente dans sa chair, son passage, sa mutation, sa mythologie  et sa temporalité.

Rythmé par cycles, vous y découvrirez dans un temps donné le travail de plusieurs artistes, Lydie Jean-Dit-Panel, Anders Weberg, Toni et Diego Garbini, Anne-Sophie Emard, Jennifer Douzenel et Combes et Renaud.

Cette exposition est un incroyable dispositif sensoriel à voir, traverser et ressentir jusqu’au 30 juillet 2011."

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"Nous avons été vraiment très contents en découvrant l'affiche de l'exposition Body No/body de la galerie Bernard Grimont : parmi les douze artistes qui y figuraient, nous apprécions particulièrement Tarik Essalhi et Julien Salaud. Nous sommes donc allés voir l'exposition avec de fortes attentes. Nous aurions pu être déçus. Ca n'a pas été tout à fait le cas.

L'exposition Body no/body a l'ambition d'explorer trois dimensions du corps : son intériorité, l'imagination et le corps en tant que porteur de signes. La galerie présente au premier étage une petite statue de Tarik Essalhi qui représente une femme voilée, assise en tailleur, "la gardienne". Le thème semble servir de prétexte à l'artiste pour faire un impeccable drapé. Il n'en oublie pas pour autant son sujet, car on a bien du mal à voir percer, sous ce magnifique drapé, la personne qu'il habille. Cette sculpture est surplombée par des dessins de Jean Luc Verna qui transforme le portrait de famille en scène de cannibalisme, où deux enfants mordent leur mère.

Au sous-sol, une salle sombre avec une lumière au schwartz accueille le trophée d'un cerf, revu et corrigé par Julien Salaud. Il a, comme à son habitude, créé autour de la tête de l'animal un réseau de fils qui en soulignent les contours. Les fils sont ici phosphorescents, ce qui renforcent le côté anguleux de la construction. Nous regrettons que la salle ne se soit pas éclairée complètement quelques instants. En effet, dans le travail de Julien Salaud, ce que nous aimons, c'est le contraste qu'il souligne entre la forme animale, ronde, et le réseau général, la constellation des lignes de force. Le trophée du cerf n'en reste pas moins très impressionnant.
Toujours au sous-sol, vous verrez un long travelling de bras tatoués, ponctués de bracelets de couleurs de Lydie Jean-dit-Panel. Il y en a plus de mille. Les bras se juxtaposent comme autant de vies, d'expériences."


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" En corps !

L'exposition Body no/body est un événement qui a du corps. Elle regroupe en son sein les travaux de 12 artistes ayant l'ambition d'explorer une part de territoire et de mythe liés à certaines représentations du corps humain dans les pratiques contemporaines. Des combinaisons d'œuvres plastiques et vidéos viennent soutenir la découverte du corps à travers trois dimensions : vision intrinsèque, définition abstraite, ou révélateur de sens. Dans les 90's, Doc (de Doc et Difool) nous poussait à nous interroger sur notre corps. « Gardienne »,  la pièce de Tarik Essalhi joue le même rôle, dans d'autres sphères. Une silhouette humaine sous un draps ? Un organisme de mutation ? Un phallus censuré ? Chacun se fera son opinion, y trouvera ses réponses, mais tous en redemanderont encore et en corps."


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item "body no / body", 22.50 min.


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